Un aveu d'échet- Qui sont les responsables?

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10 Oct 2007 à 12:33 Un aveu d'échet- Qui sont les responsables?

baleineb

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COMMUNIQUE


Nous Hervé BOMPARD-EIDELMAN, Sérafim DOMINGUES MOTEIRO et Michel RHODIER, sommes scandalisés par la remise en liberté d'un individu qui aurait dû être considéré dangereux, et qui aurait dû faire l'objet d'un examen particulier. Nous présentons à Enis et à sa famille nos meilleurs voeux pour un prompt rétablissement.

Nous sommes scandalisés par l'irresponsabilité d'un juge qui confond indépendance de la justice et solitude et mépris pour les Savants et Spécialistes des sciences humaines. Nous pensons que ce juge doit être sanctionné pour faute lourde et suspendu de ses fonctios sans délai, le temps de l'enquête, qui déterminera le degré exacte de sa responsabilité. Le préfet aurait dû être averti par le juge que cet homme pouvait être considéré comme dangereux pour autrui, étant donné ses antécédents de multirécidiviste.


Nous sommes scandalisés par l'irresponsabilité de l'état et des dirigeants politiques toutes tendances confondues qui ont utilisé la peur et la répression comme argument électoral, qui ont préféré favoriser la répression et la prison plutôt que donner la priorité aux soins et à la prise en charge psychiatrique de ces personnes dans des établissements spécialisés protégés. Il n'en existe d'ailleurs aucun en France dont la vocation serait de protéger tout à la fois la société et la personne malade dans sa dignité et sa souffrance.


Nous sommes scandalisés que la prison soit devenue à ce point un moyen pour gagner de l'argent pour certains industriels. Pour eux, plus il y aura de prisons, plus cela rapportera. Evidemment, des établissements spécialisés coûtent chers et rapportent peu. Encore une fois, on a sacrifié à l'argent les revendications légitiles de l'immense majorité des détenus et celles des citoyens que des personnes rendues dangereuses du fait de leur pathologie soient prises en charge et soignées aussi longtemps que nécessaire dans des établissements adaptés.


Nous sommes scandalisés que l'état et les dirigeants politiques se dégagent à bon compte de toute responsabilités en laissant croire quen augmentant sans fin la répression, on protègera efficacement la société contre les personnes atteintes de pathologie mentales. Aucun être humain ne fait le choix volontaire de souffrir d'une maladie mentale. Ils en ont conscience, mais ont cédé aux puissances d'argent et ne savent désormais plus comment faire marche arrière. Il convient d'associer dorénavant la répression et la protection à la prévention, aux soins et à l'accompagnement.


Nous sommes scandalisés que, pour quelques individus rendus dangereux du fait de leur pathologie mentale et qui n'ont pas été pris en charge médicalement dans le système judiciaire et pénitentiaire, on jette l'opprobe sur tous les détenus, qui vont payer la facture, tandis que, là encore, les dirigeants politiques et l'état s'en sortiront à bon compte.


Nous sommes scandalisés par la loi Perben2, qui était censée régler ce genre de problèmes dramatiques, nous avait-on juré, pour jutifier un déchaînement répressif. C'est donc un échec cuisant de la seule politique répressive.
Nous ne souhaitons à personne d'avoir affaire avec la Justice-Perben, et encore moins avec la prison-Perben actuellement.


C'est pourquoi, nous appelons les citoyens de tous âges, de touts professions, de toutes conditions sociales à interpeller leurs élus locaux et nationaux, le gouvernement et le Président de la république pour exiger de toute urgence, et, en tout état de cause, avant le 31 décembre 2007:

-1°) L'ouverture d'un premier Centre Spécialisé et Adapté protégé digne de ce nom pour l'accueil de ces personnes;

-2°) Le déblocage immédiat et massif de moyens matériels, financiers et humains pour le secteurs de la psychiatrie dans les hôpitaux, les prisons et les Centres de cure et de post-cure psychiatrique: Que des "Centre de Réceeption de l'Urgence et de la Crise" (CRUC) soient ouvert sur tout le territoire;

-3°) Que la nouvelle priorité de la justice soit donnée aux prises en charge MédicoPsychologiques et psychiatriques des personnes les plus atteintes mentalement: schizophrénie, sociopathie, psychopathie, délires paranoïaques, crises psychotiques graves,etc... D'autre part, qu'avant toute libération d'une de ces personnes, un Comité scientifique composé de Savants et Spécialistes soit réuni pour rendre un avis. Si cet avis est favorable au maintien en milieu protégé, le Préfet prend un arrêté en ce sens, valable pour une durée de deux années au plus. Le dossier est ensuite transmis au Juge de l'Application des Peines qui décide en dernier ressort du maintien ou de la libération;

-4°) L'abrogationde la loi du 9 mars 2004, dite Loi Perben2 qui, non seulement n'a pas empêché ce nouveau drame, mais surtout n'a rien prévu pour la prise en charge de ces personnes malades mentalement, pour des soins individualisés en milieu protégé. Cetts loi s'est contentée d'augmenter considérablement la répression et les contraintes sur les détenus, et a contribué au développement d'amalgames et de simplismes vis-à-vis de ceux des détenus qui sont primaires et non dangereux, soit l'immense majorité. Ils sont décormais considérés eux aussi comme de dangereux récidivistes potentiels.



Un surveillant nous a confié: "Au coours de notre formation, on nous donne des rudiments en psychologie." Voilà comment fonctionnent les prisons en France: Avec des rudiments. C'est scandaleux et honteux, lorsqu'on sait ce que le métier d'infirmier psychiatrique implique comme formation. Certainement pas des rudiments.


Il faut de tout urgence donner des moyens massifs à la psychiatrie française pour prévenir, pour lutter contre la récidive, pour prendre en charge individuellement des personnes qui souffrent et qui risquent de passer à l'acte ou qui l'ont déjà fait. La dignité républicaine est à ce prix.


Le défi est là: Soigner les malades mentaux, aussi longtemps que nécessaire, et prévenir autant que possible la violence et les risques de récidive ou de réitération, ou punir et jeter en prison des indivudus qui en ressortiront encore plus détruits, encore plus dangereux.
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